Quel leader pour l’Europe?
Giorgia Meloni et Friedrich Merz se disputent la position de leader de l’UE. L’Allemagne augmente son influence économique et politique.
En 2024, Giorgia Meloni avait été élue personnalité la plus puissante d’Europe par «Politico», un choix qui ne surprenait pas les Italiens, où l’on a assisté à l’inexorable ascension de la dirigeante. Depuis son arrivée fin 2022 à la tête du Conseil des ministres d’Italie, Giorgia Meloni ne cesse de surprendre et de marquer des points pour prendre le leadership européen.
Giorgia Meloni
À Washington, elle a joué les médiatrices entre Trump et l’Europe. «Tout le monde l’aime, tout le monde la respecte et je ne peux pas dire cela de beaucoup de gens. Elle est devenue une amie», déclarait Donald Trump. Personne en Europe a actuellement une telle relation avec le président américain. Elle a pris la mission politique d’être une médiatrice entre l’UE et les USA, tout cela avec l’approbation de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Droits de douane
De plus, la première ministre italienne, lors de sa rencontre avec le président américain Donald Trump à Washington, dans sa négociation sur la possibilité de conclure un accord commercial entre l’UE et les États-Unis sur les droits de douane, a affirmé que «l’objectif pour moi est de rendre à l’Occident sa grandeur». Elle fait ainsi écho au slogan de campagne de Trump et se place automatiquement en partenaire européen préféré du président américain.
Allemagne
L’arrivée du nouveau chancelier allemand pourrait présenter pour Giorgia Meloni un réel danger dans son objectif de devenir le leader de l’Europe. L’Europe pourra de nouveau compter sur l’Allemagne, affirme le prochain chancelier Friedrich Merz. Il devrait être confirmé le 6 mai prochain en tant que chancelier allemand par les partenaires de la nouvelle coalition gouvernementale. Le chef des chrétiens-démocrates (CDU) aura besoin d’une majorité simple à la chambre basse du parlement, où son groupe et les sociaux-démocrates (SPD) disposent d’une majorité de 28 sièges.
Europe
Au Bundestag sortant, Friedrich Merz, avec le SPD et les Verts, a ouvert la voie à des dépenses publiques importantes en matière de défense et d’infrastructures en orchestrant une révision du «frein à l’endettement» de l’Allemagne. Le message adressé à l’Europe: l’Allemagne dispose désormais de la puissance de feu nécessaire pour prendre des mesures politiques audacieuses et devenir par conséquent le pays leader de l’UE.
Le futur chancelier n’a pas tardé à faire des annonces concrètes. Alors qu’Olaf Scholz s’y était toujours opposé, Friedrich Merz a annoncé qu’il envisageait d’envoyer à Kiev des missiles Taurus de longue portée fabriqués en Allemagne, dans le cadre d’un programme de soutien européen plus étendu à l’Ukraine. Il a compris que celui qui prendra le leadership sur le dossier ukrainien s’imposera naturellement comme le premier des pays européens. Enfin, l’Allemagne, première économie européenne, pèsera de fait dans les relations et les négociations avec Trump et peut devenir un interlocuteur privilégier des USA.
Leadership
Il ne faut pas oublier l’Europe de l’Est, le Polonais Donald Tusk est aussi un candidat sérieux dans cette compétition pour la place d’honneur. «Relevez la tête, Européens», a-t-il soutenu, en réponse aux inquiétudes suscitées par le retour au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis. Le premier ministre polonais a exhorté les États membres à prendre au sérieux l’appel de Donald Trump à accroître leurs dépenses de défense à 5% du PIB.
Le président français Emmanuel Macron est affaibli par une mauvaise dissolution de l’Assemblée nationale, sa cote de popularité est faible, la France n’a pas pour l’instant les moyens politiques de s’imposer comme pays leader en Europe.
La compétition sera entre l’Italie et l’Allemagne, avec en outsider la Pologne.
Olivier Védrine
administrateur de l’association Jean Monnet
Matériel original https://www.tdg.ch/quel-leader-pour-leurope-101726245586